Le Pakistan bouddhiste : Taxila et les trésors du Gandhara
Bien avant l'islam, le nord du Pakistan a été l'un des grands foyers du bouddhisme. À Taxila et dans la vallée de Swat, l'art du Gandhara a donné au Bouddha certains de ses plus beaux visages.

C’est l’une des facettes les plus surprenantes du Pakistan. Pendant près d’un millénaire, la région située autour de l’actuelle Peshawar, d’Islamabad et de la vallée de Swat a été un grand centre du bouddhisme. On l’appelait le Gandhara, et son art a marqué toute l’Asie.
Taxila, carrefour des civilisations
À moins d’une heure d’Islamabad, Taxila est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980. Le site regroupe les vestiges de plusieurs villes successives, des monastères et des stupas, témoins d’une histoire longue de plusieurs siècles.
Taxila a vu passer les armées d’Alexandre le Grand, les rois indo-grecs, les Kouchans et les pèlerins chinois. Elle était aussi célèbre pour son centre d’enseignement, où l’on venait de loin étudier. Peu de lieux au monde ont vu se croiser autant de cultures.
Quand l’art grec rencontre le Bouddha
L’art du Gandhara est né de cette rencontre. Les sculpteurs locaux, influencés par les traditions grecques et romaines, représentent le Bouddha avec des drapés, des visages et des chevelures qui rappellent la statuaire méditerranéenne. Le Gandhara a été l’un des premiers foyers à donner au Bouddha une forme humaine.
Le chef-d’œuvre le plus célèbre est le « Bouddha jeûnant », conservé au musée de Lahore. Il représente le Bouddha émacié au terme de ses années d’ascèse, avec un réalisme saisissant.
Le visage du Bouddha que connaît le monde entier doit beaucoup aux ateliers de sculpteurs du nord du Pakistan.
Un patrimoine qui attire les pèlerins
Aujourd’hui, les sites du Gandhara attirent des pèlerins et des visiteurs venus de Corée, de Thaïlande, du Sri Lanka ou du Japon. Le Pakistan encourage ce tourisme religieux, qui rappelle son ouverture et la richesse de son histoire. Les monastères de Jaulian et le stupa de Dharmarajika à Taxila, ou les nombreux sites de la vallée de Swat, figurent parmi les étapes les plus prisées.
Le Gandhara à Paris
Les Français peuvent découvrir cet art sans prendre l’avion : le musée Guimet, à Paris, conserve une importante collection de sculptures du Gandhara. Mais rien ne remplace une visite à Taxila, où ces œuvres retrouvent leur paysage d’origine. Une belle occasion de découvrir un Pakistan que l’on n’attend pas.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Gandhara ?
Une région située autour de Peshawar, de Taxila et de la vallée de Swat, qui a été un grand centre du bouddhisme pendant près d’un millénaire.
Taxila est-elle classée à l’UNESCO ?
Oui, Taxila est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980.
Où voir de l’art du Gandhara en France ?
Au musée Guimet, à Paris, qui conserve une importante collection de sculptures du Gandhara.
Pour aller plus loin
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Sources : UNESCO, fiche du site de Taxila ; Department of Archaeology and Museums, Pakistan ; musée de Lahore ; musée national des Arts asiatiques Guimet.