La Karakoram Highway, « huitième merveille du monde » : le guide ultime
Plus de 1 300 kilomètres entre le Pakistan et la Chine, trois chaînes de montagnes, des glaciers au bord de la route et un col à près de 4 700 mètres. Tout ce qu'il faut savoir avant de prendre la route la plus spectaculaire d'Asie.

Il existe des routes que l’on emprunte pour arriver quelque part, et d’autres qui sont elles-mêmes la destination. La Karakoram Highway, que tout le monde au Pakistan appelle simplement la KKH, appartient sans hésitation à la seconde catégorie. Surnommée la « huitième merveille du monde », elle relie le Pendjab à Kashgar, en Chine, en traversant certains des paysages les plus spectaculaires de la planète.
Une route arrachée à la montagne
La KKH est née d’un chantier titanesque mené conjointement par le Pakistan et la Chine. Commencés dans les années 1960, les travaux s’achèvent en 1979 et la route est ouverte aux voyageurs étrangers en 1986. Il a fallu tailler dans des falaises instables, franchir des gorges vertigineuses et affronter les glissements de terrain.
Le prix humain a été lourd : plusieurs centaines d’ouvriers pakistanais et chinois y ont perdu la vie. Près de Gilgit, un cimetière chinois entretenu avec soin rend hommage à ceux qui ne sont jamais rentrés. Emprunter la KKH, c’est aussi rouler sur une mémoire.
Trois chaînes de montagnes en un seul regard
Non loin de Jaglot, un point de vue permet d’observer un phénomène unique au monde : la rencontre de l’Himalaya, du Karakoram et de l’Hindou Kouch. Trois des plus grandes chaînes de la planète se rejoignent ici, au-dessus du confluent de l’Indus et de la rivière Gilgit.
Un peu plus loin, la route offre des vues sur le Nanga Parbat, 8 126 mètres, surnommé la « montagne tueuse » par les alpinistes. Puis, dans la vallée de Nagar, c’est le Rakaposhi qui domine l’horizon, avec l’une des faces les plus hautes du monde visibles depuis une route.
Sur la KKH, on ne compte pas les kilomètres, on compte les sommets.
Hunza, Attabad et Passu : le cœur du voyage
Pour beaucoup de voyageurs, la vallée de Hunza est le point culminant du trajet. Ses vergers d’abricotiers, ses forts de Baltit et d’Altit et l’accueil de ses habitants en font une étape incontournable.
En 2010, un glissement de terrain a bloqué la rivière Hunza et donné naissance au lac Attabad, d’un bleu turquoise presque irréel. Des tunnels ont depuis été percés pour rétablir la route. Plus au nord, les aiguilles de Passu, ces pics dentelés que l’on appelle aussi « cathédrales », et le pont suspendu de Hussaini, fait de planches espacées au-dessus du torrent, complètent le tableau.
Khunjerab, la frontière dans les nuages
La route atteint son point culminant au col de Khunjerab, à environ 4 700 mètres d’altitude. C’est l’un des plus hauts passages frontaliers asphaltés du monde. Le parc national qui l’entoure abrite des mouflons de Marco Polo, des yacks et, pour les plus chanceux, des traces de léopard des neiges. Un distributeur de billets s’y trouve même, présenté comme le plus haut du monde.
Conseils pratiques
La meilleure période s’étend de mai à octobre, lorsque les cols sont ouverts. Le printemps offre la floraison des abricotiers, l’automne des vallées dorées. Comptez au minimum une semaine depuis Islamabad, davantage si vous souhaitez marcher. Les vols Islamabad-Gilgit ou Islamabad-Skardu permettent de gagner du temps, mais ils dépendent beaucoup de la météo.
Prévoyez des étapes pour vous acclimater à l’altitude, privilégiez un chauffeur local qui connaît l’état de la route, et adoptez une tenue respectueuse des traditions locales. Dans les vallées, l’hospitalité est une institution : acceptez le thé, il y aura toujours une histoire à écouter.
Questions fréquentes
Quelle est la longueur de la Karakoram Highway ?
Plus de 1 300 km, d’Hasan Abdal à Kashgar, en Chine.
Quelle est la meilleure période pour la parcourir ?
De mai à octobre, lorsque les cols sont ouverts : floraison des abricotiers au printemps, vallées dorées en automne.
Combien de temps prévoir ?
De 7 à 12 jours depuis Islamabad, davantage si vous souhaitez marcher.
Pour aller plus loin
- Le Pakistan bouddhiste : Taxila et les trésors du Gandhara
- La « Princesse de l’Espoir » : le road trip surréaliste de la côte du Makran
- 1971 : quand le Pakistan a rendu possible le rapprochement entre la Chine et les États-Unis
Sources : Pakistan Tourism Development Corporation ; Gilgit-Baltistan Tourism Department ; récits de voyageurs et guides spécialisés.