Le sel rose « de l’Himalaya » est pakistanais : l’histoire de Khewra
On le trouve dans toutes les épiceries fines de France sous le nom de « sel de l'Himalaya ». Pourtant, il vient presque entièrement d'une chaîne de collines du Pendjab pakistanais. Voyage au cœur de la mine de Khewra.

Dans les épiceries fines, les rayons bio et même les boutiques de décoration, il est partout : le sel rose de l’Himalaya. On le vend en poudre, en gros cristaux, en lampes ou en blocs de cuisson. Mais son étiquette induit en erreur. Ce sel ne vient pas de l’Himalaya proprement dit, mais du Salt Range, une chaîne de collines du Pendjab pakistanais, située à plusieurs centaines de kilomètres des grands sommets.
Une légende qui remonte à Alexandre
Selon la tradition locale, les gisements de Khewra auraient été découverts en 326 avant notre ère, lorsque les chevaux de l’armée d’Alexandre le Grand se mirent à lécher les pierres de la région. Qu’elle soit vraie ou non, l’histoire dit une chose : ce sel est connu et exploité depuis des siècles.
Sous les Moghols, il fait l’objet d’un commerce actif. À la fin du XIXe siècle, les Britanniques modernisent l’exploitation avec une méthode dite des « chambres et piliers » : on laisse la moitié du sel en place pour soutenir les galeries. C’est grâce à cette technique que la mine tient debout depuis plus d’un siècle.
Une cathédrale de sel
Khewra est considérée comme l’une des plus grandes mines de sel du monde. Ses galeries s’étendent sur des dizaines de kilomètres et sont devenues une attraction touristique majeure. Les visiteurs y découvrent des salles éclairées aux couleurs roses et orangées, une réplique du minaret de Lahore et même une petite mosquée construite en briques de sel.
À Khewra, on marche dans les entrailles de la terre, et tout autour de soi scintille comme du quartz rose.
Un trésor économique à mieux valoriser
Le sel rose est devenu un produit mondial, vendu à prix fort dans les pays riches. Pourtant, pendant longtemps, une grande partie du sel était exportée en vrac, puis conditionnée et vendue ailleurs, sans que le Pakistan récolte la valeur ajoutée.
Le pays cherche désormais à mieux protéger et valoriser cette ressource : développement du conditionnement local, produits transformés et démarches pour faire reconnaître l’origine pakistanaise du sel. L’enjeu est d’autant plus important que la demande mondiale continue de croître.
Ce qu’il faut retenir
La prochaine fois que vous croiserez un pot de sel rose, regardez l’étiquette. Si elle dit « Himalaya », pensez au Pendjab. Et si vous passez par Islamabad ou Lahore, la mine de Khewra est à quelques heures de route : l’une des visites les plus étonnantes du pays.
Questions fréquentes
D’où vient le sel rose de l’Himalaya ?
Du Salt Range, une chaîne de collines du Pendjab pakistanais située à plusieurs centaines de kilomètres des grands sommets, notamment de la mine de Khewra.
Peut-on visiter la mine de Khewra ?
Oui : ses galeries aménagées sont devenues une attraction touristique majeure, avec des salles éclairées et une petite mosquée en briques de sel.
Comment la mine tient-elle debout ?
Grâce à la méthode des « chambres et piliers », adoptée à la fin du XIXe siècle : la moitié du sel est laissée en place pour soutenir les galeries.
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Sources : Pakistan Mineral Development Corporation (PMDC) ; Geological Survey of Pakistan ; presse économique pakistanaise.