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Islamabad, une capitale dessinée de toutes pièces par un urbaniste grec

Au pied des collines de Margalla, Islamabad est l'une des rares capitales du monde nées sur une page blanche. Son plan, conçu par l'urbaniste grec Constantinos Doxiadis, en fait une ville verte, ordonnée et étonnamment moderne.

pacso , mis à jour le 2 Oct 2026 2 min de lecture
Illustration : Islamabad, une capitale dessinée de toutes pièces par un urbaniste grec

Arriver à Islamabad après Lahore ou Karachi, c’est changer de monde. De larges avenues bordées d’arbres, des quartiers identifiés par des lettres et des chiffres, des collines boisées en toile de fond. Islamabad ne ressemble à aucune autre ville du Pakistan, et c’est normal : elle a été inventée.

Pourquoi une nouvelle capitale ?

À l’indépendance, en 1947, la capitale du Pakistan est Karachi. Mais la ville portuaire est surpeuplée, exposée et éloignée du nord du pays. À la fin des années 1950, le gouvernement décide de créer une capitale entièrement nouvelle, au pied des collines de Margalla, à côté de Rawalpindi.

Le plan de Doxiadis

Le projet est confié au cabinet de l’urbaniste grec Constantinos Doxiadis, l’un des grands penseurs de la ville du XXe siècle. Son idée : une ville capable de grandir sans s’étouffer. Il imagine une grille de secteurs carrés, désignés par une lettre et un chiffre, comme F-6 ou G-9.

Chaque secteur est pensé comme un village autonome, avec ses écoles, ses espaces verts et son marché central, le « markaz ». À Islamabad, on n’habite pas une rue, on habite un secteur.

Islamabad est l’une des rares capitales où la forêt descend jusqu’aux portes de la ville.

Une ville verte au pied des collines

Le parc national des collines de Margalla forme la limite nord de la ville. Les habitants y partent en randonnée le week-end, sur des sentiers balisés qui mènent à des points de vue sur toute l’agglomération. Des singes, des léopards discrets et des centaines d’espèces d’oiseaux vivent à quelques minutes du centre.

Cette présence de la nature, voulue dès l’origine, fait régulièrement d’Islamabad l’une des villes les plus vertes et les plus agréables à vivre du sous-continent.

Des monuments pour une identité

La ville s’est dotée de monuments devenus emblématiques. La mosquée Faisal, dessinée par l’architecte turc Vedat Dalokay et achevée en 1986, évoque une tente bédouine posée au pied des collines. Le Monument national du Pakistan, en forme de fleur, raconte l’histoire des provinces du pays.

Un modèle toujours étudié

Soixante ans après sa création, Islamabad reste un cas d’école pour les urbanistes du monde entier. La ville fait face aux défis de toute capitale en croissance, mais son plan initial continue de lui donner une qualité de vie rare. Une preuve que la planification, quand elle est ambitieuse, peut traverser les générations.

Questions fréquentes

Pourquoi Islamabad a-t-elle été créée ?

À l’indépendance, la capitale était Karachi, une ville portuaire surpeuplée, exposée et éloignée du nord du pays. Une capitale entièrement nouvelle a été décidée à la fin des années 1950.

Qui a conçu le plan d’Islamabad ?

L’urbaniste grec Constantinos Doxiadis, qui a imaginé une grille de secteurs autonomes désignés par une lettre et un chiffre, comme F-6 ou G-9.

Quel est le monument le plus emblématique d’Islamabad ?

La mosquée Faisal, dessinée par l’architecte turc Vedat Dalokay et achevée en 1986.

Pour aller plus loin

Sources : Capital Development Authority (CDA) ; archives de Doxiadis Associates ; travaux d’histoire de l’urbanisme.

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