Le poète a vécu sous domination coloniale : liberté et servitude reviennent sans cesse. Ses vers sur ce que l'on perd, et ce que l'on peut reprendre.
10 couplets · traduction libre de la rédaction
Le cœur de l'asservi est mort, abattu, sans espoir ; celui de l'homme libre est vivant, brûlant, joyeux.
Mehkoom ka dil murda-o-afsurda-o-no meed
Azad ka dil zinda-o-pursoz-o-tarab naak
La liberté se mesure d'abord à l'état du cœur.
Armaghan-e-Hijaz, « Azad Ki Rag Sakht Hai Manid Rag-e-Sang »
Servir Dieu, c'est être souverain ; servir le monde, c'est mendier. Sois serviteur de Dieu ou serviteur de ton temps !
Ye bandagi khudai, woh bandagi gadai
Ya banda-e-khuda ban ya banda-e-zamana!
Choisir son maître, c'est choisir sa dignité.
Bal-e-Jibril, « Ejaz Hai Kissi Ka Ya Gardish-e-Zamana ! »
Écoute, prisonnier de la civilisation moderne : le manque de certitude est pire que l'esclavage.
Sun, ae tehzeeb-e-hazir ke giraftar
Ghulami se bat-tar hai be-yaqeeni
Pour Iqbal, perdre ses convictions est une servitude plus profonde que les chaînes.
Bal-e-Jibril, « Yaqeen, Misel-e-Khalil Aatish Nasheeni »
Dans l'esclavage, ni les épées ni les ruses ne servent ; mais que naisse le goût de la certitude, et les chaînes se brisent.
Ghulami mein na kaam ati hain shamsheerain na tadbeerain
Jo ho zauq-e-yaqeen paida to kat jati hain zanjeerain
La libération commence par la conviction intérieure.
Bang-e-Dara, « Tulu-e-Islam »
Plus dure que la mort, ce qu'on appelle l'esclavage : si seulement l'esclave comprenait les ruses du maître !
Mout hai ek sakht tar jis ka ghlami hai naam
Makar-o-fan-e-khawajgi kash samajhta ghulam !
Le premier pas vers la liberté est de comprendre la domination.
Armaghan-e-Hijaz, « Mout Hai Ek Sakht Ter Jis Ka Ghulami H »
Pour l'homme libre, chaque instant porte un message d'éternité ; pour l'asservi, chaque instant est une nouvelle mort subite.
Azad ka har lehza payam-e-abadiat
Mehkoom ka har kehza nayi marg-e-mafajat
Le même temps ne pèse pas pareil pour un homme libre et pour un asservi.
Zarb-e-Kalim, « Hindi Maktab »
Revivre après la mort n'est l'affaire que des hommes libres, même si le tombeau est la destination de tout vivant.
Mar ke ji uthna faqat azad mardon ka hai kaam
Garcha har zee rooh ki manzil hai aagosh-e-lehad
Les peuples libres se relèvent.
Armaghan-e-Hijaz, « Alam-e-Barzakh »
La mort éternelle n'est pas le sort des serpents et des scorpions, ni des oiseaux de proie : elle est réservée aux nations asservies.
Ne naseeb-e-maar wa kuzdum, ne naseeb-e-dawam wa dad
Hai faqat mehkoom qoumon ke liye marg-e-abad
Une formule dure d'Iqbal sur le coût de la domination.
Armaghan-e-Hijaz, « Alam-e-Barzakh »
Mahmoud et Ayaz se sont tenus dans le même rang : il n'y avait plus ni serviteur ni maître.
Ek hi saf mein khare ho gaye Mahmood-o-Ayaz,
No koi banda raha aur na koi banda nawaz.
Devant Dieu, les rangs sociaux s'effacent.
Bang-e-Dara, « Shikwa »
Ce simple guerrier, ce croyant libre, ne savait pas ce qu'est la prière de l'esclave.
Woh saada mard-e-mujahid, woh momin-e-azad
Khabar na thi use kya cheez hai namaz-e-ghulam
Une critique de la foi qui se plie sans se tenir debout.
Zarb-e-Kalim, « Ghulamon Ki Namaz »
Comment lire : Chaque couplet est présenté en français, suivi de sa translittération en écriture latine et d’une ligne « Le sens ». Les traductions sont libres, établies par la rédaction de Pacasso à partir du texte ourdou translittéré : elles cherchent le sens plus que la lettre.
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Source des textes : recueils d’Allama Iqbal (Bang-e-Dara, Bal-e-Jibril, Zarb-e-Kalim, Armaghan-e-Hijaz), versions translittérées consultées sur iqbalurdu.blogspot.com. Traductions : Pacasso.