Géopolitique

COP27 : comment le Pakistan a arraché le fonds « pertes et dommages » pour les pays vulnérables

Quelques mois après des inondations historiques, le Pakistan a pris la tête des pays du Sud à la COP27 et obtenu ce que les négociateurs réclamaient depuis trente ans : un fonds pour réparer les dégâts du changement climatique.

pacso , mis à jour le 2 Oct 2026 3 min de lecture
Illustration : COP27 : comment le Pakistan a arraché le fonds « pertes et dommages » pour les pays vulnérables

À l’été 2022, des pluies de mousson d’une violence inédite submergent le Pakistan. Environ un tiers du pays se retrouve sous les eaux, plus de trente millions de personnes sont touchées. Le pays, qui émet moins de 1 % des gaz à effet de serre mondiaux, paie au prix fort une crise qu’il n’a pas provoquée. Quelques mois plus tard, c’est pourtant lui qui va obtenir une victoire diplomatique historique.

Une catastrophe qui a changé le débat

Les images des inondations font le tour du monde : villages engloutis, routes coupées, récoltes détruites. Selon l’évaluation conduite avec la Banque mondiale et les Nations unies, les dommages et pertes dépassent 30 milliards de dollars.

Pour le Pakistan, la leçon est claire : les pays les plus vulnérables ne peuvent pas assumer seuls le coût des catastrophes climatiques. Ce qui était une revendication abstraite devient une urgence concrète, vécue par des millions de familles.

À la tête des pays du Sud

En 2022, le Pakistan préside le G77 et la Chine, la coalition qui rassemble plus de 130 pays en développement dans les négociations de l’ONU. À la COP27 de Charm el-Cheikh, en Égypte, sa délégation, menée notamment par la ministre du Climat Sherry Rehman, porte une exigence simple : créer un fonds dédié aux « pertes et dommages ».

L’idée n’est pas neuve. Les petits États insulaires la défendent depuis le début des années 1990, sans succès. Mais cette fois, le Pakistan parvient à maintenir l’unité des pays du Sud et à faire de cette question la priorité de la conférence.

Le Pakistan a transformé sa tragédie en argument, et son argument en décision internationale.

Une nuit de négociations

Les discussions s’étirent au-delà de la date prévue. Au petit matin du 20 novembre 2022, l’accord tombe : les pays s’engagent à créer un fonds pour aider les nations les plus vulnérables à faire face aux dégâts climatiques. Dans les couloirs, beaucoup parlent d’un tournant historique.

Un an plus tard, lors de la COP28 à Dubaï, le fonds est rendu opérationnel et les premières contributions sont annoncées. Le chemin reste long, car les montants promis sont encore loin des besoins, mais le principe est désormais acquis.

Une voix qui compte

Cet épisode a changé la place du Pakistan dans la diplomatie climatique. Le pays s’est imposé comme le porte-parole crédible des nations en première ligne du réchauffement. Il rappelle aussi une vérité souvent oubliée : la puissance diplomatique ne se mesure pas seulement au PIB, mais aussi à la capacité de rassembler.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le fonds pertes et dommages ?

Un fonds destiné à aider les pays les plus vulnérables à faire face aux dégâts climatiques, dont la création a été décidée à la COP27, au petit matin du 20 novembre 2022.

Quel a été le rôle du Pakistan ?

Le pays présidait le G77 et la Chine en 2022 et a réussi à maintenir l’unité des pays du Sud autour de cette exigence.

Le fonds est-il opérationnel ?

Il a été rendu opérationnel lors de la COP28 à Dubaï, mais les montants promis restent loin des besoins.

Pour aller plus loin

Sources : Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (décisions de la COP27 et de la COP28) ; Post-Disaster Needs Assessment, gouvernement du Pakistan, Banque mondiale, ONU (2022).

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