Spiritualité

Nusrat Fateh Ali Khan : comment le qawwali a conquis le monde

De Faisalabad aux scènes parisiennes, de Peter Gabriel à Hollywood : Nusrat Fateh Ali Khan a fait entendre au monde entier le qawwali, la musique mystique des soufis. Portrait du « roi des rois » de la musique dévotionnelle.

pacso , mis à jour le 2 Oct 2026 2 min de lecture
Illustration : Nusrat Fateh Ali Khan : comment le qawwali a conquis le monde

Il suffit de quelques notes pour le reconnaître. Une voix qui monte, s’envole, répète inlassablement un mot jusqu’à l’extase, portée par les mains qui frappent en cadence et l’harmonium. Plus de vingt-cinq ans après sa mort, Nusrat Fateh Ali Khan reste la voix la plus célèbre du Pakistan dans le monde.

Héritier d’une tradition de six siècles

Né en 1948 à Faisalabad, alors appelée Lyallpur, Nusrat est issu d’une famille de chanteurs de qawwali dont la tradition remonterait à plusieurs siècles. Le qawwali est la musique des sanctuaires soufis : des poèmes mystiques en ourdou, en pendjabi ou en persan, chantés pour conduire l’auditeur vers l’extase spirituelle.

À la mort de son père, le jeune Nusrat reprend le flambeau. Il devient rapidement la vedette incontestée du genre au Pakistan, puis le surnom de « Shahenshah-e-Qawwali », le roi des rois du qawwali, s’impose.

Paris, porte d’entrée vers l’Occident

La France a joué un rôle important dans sa découverte internationale. Dans les années 1980, ses concerts au Théâtre de la Ville à Paris marquent les esprits, et le label Ocora de Radio France publie des enregistrements qui circulent chez les amateurs de musiques du monde. Le public parisien, qui ne comprenait pas les paroles, ressortait bouleversé.

On n’a pas besoin de comprendre les mots du qawwali pour en ressentir la puissance : la voix fait tout le chemin.

De Peter Gabriel à Hollywood

Le chanteur britannique Peter Gabriel le fait signer sur son label Real World. Nusrat participe à la bande originale de La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, puis à celle de La Dernière Marche, où il chante avec Eddie Vedder, de Pearl Jam. L’album Mustt Mustt, réalisé avec le musicien Michael Brook, et son remix deviennent des succès en Europe.

Nusrat réussit un exploit rare : ouvrir une tradition sacrée à de nouveaux publics sans la trahir. Sur scène, il reste avant tout un chanteur dévotionnel.

Un héritage vivant

Nusrat meurt en 1997, à seulement 48 ans. Son neveu, Rahat Fateh Ali Khan, poursuit la tradition familiale et remplit à son tour les salles du monde entier. Dans les sanctuaires du Pakistan comme dans les playlists des jeunes générations, les chants de Nusrat continuent de résonner. Pour beaucoup d’Occidentaux, il a été la première rencontre avec le Pakistan, et avec le soufisme.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le qawwali ?

La musique des sanctuaires soufis : des poèmes mystiques en ourdou, en pendjabi ou en persan, chantés pour conduire l’auditeur vers l’extase spirituelle.

Quel surnom portait Nusrat Fateh Ali Khan ?

« Shahenshah-e-Qawwali », le roi des rois du qawwali.

Quel rôle a joué la France dans sa carrière ?

Ses concerts au Théâtre de la Ville à Paris dans les années 1980 et les enregistrements du label Ocora de Radio France l’ont fait connaître des amateurs de musiques du monde.

Pour aller plus loin

Sources : Real World Records ; label Ocora, Radio France ; biographies et presse musicale internationale.

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